Les supports pédagogiques du CCFD

Les comités diocésains sont mis à contribution pour distribuer une bande dessinée réalisée par les éditions Glénat et le CCFD. La BD en question répond au nom de « Shamira » et a pour objectif d’apprendre aux ados ce qu’il faut penser du commerce international, une BD « éducative » estampillée idée cadeau par le magazine d’extrême gauche Politis. L’histoire aborde la problématique du commerce « équitable », des délocalisations, des multinationales, de « l’héritage colonial ». Le jeune lecteur y est invité découvrir le sens de l’engagement contre « des règles souvent inhumaines du commerce mondial » !!!

Une BD qui peut être abordée dans le cadre de séquences développées par le CCFD pour les enseignants de la maternelle à la terminale et qui conditionnent nos enfants afin qu’ils rejoignent les mouvements antimondialisation et développent une haine de leur « culture coloniale » (http://ccfd-terresolidaire.org/ewb_pages/m/monde_scolaire.php).

Le support de cours « L’autre monde de Zoé » est tout à fait représentatif de la propagande bourrage de crâne subie par nos enfants dès la primaire.

Il y raconte les états d’âmes d’une petite fille face à des situations d’injustices isolées de tout contexte dynamique. Simpliste et réducteur ce support conduit l’enfant a adopter des a priori qu’une minimum de sciences économiques devrait écarter. L’histoire racontée est celle de la petite Zoé. Celle-ci  porte un tee-shirt en coton de marque. Or  le coton implique que des africaines travaillent dur pour le récolter tout en étant mal payées. Première injustice suivie de bien d’autres puisque  le coton est transformé en tee-shirt en Afrique du nord par des femmes qui travaillent dans des conditions pénibles et avec un salaire qui ne leur permet pas de faire vivre leur famille. La suite du texte explique la colonisation par des pays européens, une colonisation « par la force », l’Afrique y apparaît sur une carte comme colonisée par ceux qui aujourd’hui font travailler des gens pauvres de ces pays. L’enfant est invité à faire un parallèle entre ces pays qui « jusque dans les années 1960, ont géré ces territoires en exploitant les ressources des pays colonisés mais aussi leurs produits agricoles pour développer leurs richesses et satisfaire leurs besoins de consommation. » et l’exploitation actuelle de leur main d’œuvre. Les Africains apparaissent donc comme pillés et exploités, d’abord par la colonisation, puis par la mondialisation. Le développement des richesses et la consommation serait au Nord, la pauvreté et l’exploitation en résultent au Sud.

Puis Zoé joue sur une console de jeu qui a fait la fortune de français et de japonais qui l’ont conçue, mais qui fait le malheur de petits chinois qui travaillent dès 15 ans, sans congés et de longues heures dans des ateliers insalubres, qui ne peuvent se soigner quand ils sont malades et ils sont souvent malade. Ces consoles ne profitent ensuite qu’aux enfants américains et européens. Alors Zoé est dégoûtée et abandonne sa console pour se construire un jouet comme les enfants du tiers monde.

Zoé tombe malade et heureusement qu’elle vit en France car on rembourse à son papa le sirop et le médecin. Le sirop a été fabriqué au Cambodge, là où les enfants malades ne peuvent aller chez un médecin parce qu’il n’y en a pas et que de toute façon les parents sont trop pauvres pour ne pas devoir emprunter afin de payer le médecin et les médicaments.

Finalement Zoé va prendre sa carte chez ATTAC et ses parents, convaincus militent au CCFD.

Elle prie très fort pour qu’un miracle lui permettre de mettre fin aux injustices du commerce international. Et c’est alors qu’une grosse fée moustachue lui apparaît.

–          Bonjour petite fille, formule trois vœux c’est la tradition bourgeoise des contes de fée auxquels tu crois encore, lui dit la grosse fée en se grattant les couilles d’une main ensanglantée.

–          Oh une fée poilue, s’écrit Zoé, elle est pas très belle, comment elle s’appelle ?

–          Je suis la fée Stalinette, malpolie, la fée des petites filles progressistes comme toi, tu t’attendais à Barbie ? Grogne la fée Stalinette en rotant une haleine de vodka.

–          Oh non monsieur la fée, Barbie elle est fabriquée par des enfants qui jouent pas avec ! Alors moi je veux aider les pauvres dans le tiers monde.

–          Tu veux leur faire faire un grand bond en avant petite morveuse ?

–          Ben je veux qu’il n’y ait plus de pauvres ?

–          Bon alors là tu vois faut que tu précises, y en a plein des façons de faire ça. Si je fais disparaître tous les riches, y aura plus de pauvres.

–          Ah et les pauvres alors ils seront plus riches ?

–          Ils seront pas plus riches qu’avant mais sans riches il y a plus de pauvres, on est riche ou pauvre par comparaison, c’est relatif quoi.

Zoé regarde la grosse fée poilue en cherchant à comprendre.

–          Mais moi c’est simple ce que je veux c’est que les pauvres deviennent comme nous.

La fée Staline la fixe longuement et esquisse un énigmatique sourire sous ses grosses moustaches.

–          Hummm, tu veux que des pauvres deviennent riches c’est ça ?

–          Ben ça serait bien, ouais.

–          Y a pas marqué fée capitaliste là, réponds la fée Staline en indiquant son front d’un gros doigt poilu et gourd. Moi je suis la fée communiste, alors je peux juste rendre les gens égaux.

–          C’est ça que je veux, comment tu fais ?

–          C’est à toi de me dire, tu veux que je fasse quoi précisément ?

–          Je viens de te le dire, souffle la gamine exaspérée.

–          Détaille ton vœu, je peux pas effacer la pauvreté en un vœu alors tu détailles, toi comprendre petite Barbie bourgeoise ?

Elle la regarde d’un air mauvais.

–          T’es une fée au rabais toi.

–          Oui je suis fée estampillée commerce équitable, bon y a le feu au goulag, premier vœu !

–          Voila, ça me fait trop mal au cœur que l’on fasse travailler des pauvres en Afrique pour acheter des tee-shirts, alors je veux plus qu’on fabrique des tee-shirts là-bas. Et puis, et puis, attends, je veux pas que des enfants de 15 ans fabriquent des consoles en Chine ou ailleurs chez les pauvres, d’ailleurs je veux plus que l’on fasse travailler des gens pour nous dans les pays pauvres. Zoé croise les bras d’un air décidé et négocie, et ça c’est rien que mon premier vœu hein !

–          Accordé.

D’un coup de baguette magique, la plus grande partie de la population des pays pauvres retourne travailler dans les champs. Les usines, les ateliers disparaissent, la surpopulation rurale ne permet plus de vivre de son travail agricole, ceux qui le peuvent tenter d’émigrer en masse dans les pays riches prêts à travailler dans des usines 12 heures par jour s’il le faut et même à s’entasser dans des ateliers clandestins. Ils ne se rappellent pas avoir été exploités par des occidentaux dans des usines en Chine, un tel songe aurait davantage tenu du rêve que du cauchemar. Quant à la riche Corée du Sud, les Philippines ou Singapour, ils figurent désormais au rang des pays les plus pauvres.

–          Coooooooooool, bon, maintenant je veux plus que l’on exploite les ressources des pays pauvres, voila mon deuxième vœu.

–          C’est fait.

D’un coup d’un seul, le pétrole n’est plus une richesse mais un déchet, le niveau de productivité de l’agriculture devenue complètement vivrière devient si bas que ce sont les pays pauvres qui doivent obtenir des matières premières des pays riches. 90 % de la population mondiale souffre de famine endémique, chaque accident climatique déclenche des millions de mort.

–          Je veux aussi que ceux qui inventent des trucs puissent pas gagner des milliers de fois ce que fabriquent leurs ouvriers.

–          T’as raison c’est pas bien, hop vœu exaucé.

Kazam, la télévision de Zoé disparaît, les ordinateurs aussi, le sol devient de la terre battue. Zoé se met à sautiller dans tous les sens, oh c’est super on se croirait à la campagne ! Le monde entier se retrouve plongé dans une ère préindustrielle, les inventions ont disparu et l’idée de même de nouveauté fait peur aux gens, on brûle les sorcières.

–          Voila t’es contente, tu as eu tes trois vœux. La fée Staline se bidonne, on m’a rarement demandé des vœux aussi décisifs, allez un quatrième pour la route !

–          Oh oui, je veux qu’il y ait un système de santé pour tout le monde et des médicaments.

–          Ah merde ça fallait demander avant, bon hop des léproseries ça ira bien.

–          Bon alors père noël c’est mieux maintenant dis moi comment c’était avant le monde que je voulais changer.

–          Je suis pas le père noël morveuse et je fais pas le service après vente.

–          C’est quoi le service après vente fée ?

–          Un truc qu’aiment bien les consommateurs occidentaux pourris.

–          J’en veux pas alors, dit-elle en s’asseyant sur une motte de terre, les jambes tordues par un poliomyélite qu’elle tarde à remarquer.

–          Mais bon je suis content de mon boulot alors écoute, je fais une exception pour toi parce que tu as changé le monde.

–          Oh oui c’est un autre monde, comment il est ?

–          Avant la moitié des gens sur la planète avaient moins de 25 ans.

–          Et maintenant ?

–          Maintenant c’est pareil .

–          Ah c’est pas bien alors ?

–          Attends, avant le quart de la population possédait les trois quart des richesses, et maintenant tout le monde est à peu près égal.

–          Oh chic chic trépigne-t-elle.

–          Avant presque la moitié des gens n’avaient pas d’eau potable et était analphabète, la moitié n’avaient pas accès au soin.

–          Oh c’est terrible, et …

–          Maintenant tu ne sais plus lire ni écrire non plus, tu bois de l’eau pas propre et tu es toujours malade alors on te fait des saignées et regarde ta dégaine.

–          Mais je suis pauvre alors !

–          Mais non, tu n’es pas plus riche que les autres c’est tout.

–          Et les autres c’est qui ?

–          C’est 600 millions d’individus qui vivent comme toi dans le monde entier, mais tu les verras jamais parce qu’il n’y a pas d’avion, ni de voiture.

–          On était dix fois plus avant non ?

Oui mais les autres sont morts termine-t-il dans un grand éclat de rire.

Xavier Prégentil

About the Author

Claude Guillemain est également Président fondateur de Breizh 2004, mouvement fédéraliste breton et européen, et du Réseau des Bretons de l’Etranger - RBE - . Il est expert international en crédit rural et microfinance, consulting et conseil financiers, appui aux Institutions de Microfinance. Âgé de 72 ans, célibataire, six enfants. Diplômé en 1968, École Supérieure de Commerce de Reims (master en management). Ancien du Crédit Agricole, free lance depuis 1988, il a dirigé une entreprise de conseil en France, et a travaillé pour la Commission européenne comme expert à Bruxelles et au Malawi. Installé en Tunisie, il gère le RBE et BREIZH 2004. C’est un ancien membre de Strollad ar vro.